Ce 13 ème dimanche du temps ordinaire, c’est encore une église qui n’avait jamais été choisie pour organiser une messe de l’été qui a accueilli les paroissiens du pôle de Tannay: Saint-Martin de Dirol, dénommée Saint-Georges jusqu’au 16ème siècle.
Cette belle église est datée des 12ème, 16ème et 19ème siècle. Située en bordure de la RD 528, elle-même parallèle au canal du Nivernais, elle ne passe pas inaperçue car le cimetière qui l’entourait a fait place à une belle pelouse délimitée par des poteaux triangulaires surmontés d’une main courante continue.
Son abside romane en cul de four date du 12ème siècle. L’église est en forme de croix latine, l’un des bras du transept est occupé par une chapelle datant elle aussi du 12ème siècle alors que la sacristie qui lui fait face a été construite en 1846. La nef est rectangulaire et, dès 1861, des contreforts viennent en renforcer la solidité. A la fin du 19ème siècle, un petit clocher-porche octogonal est édifié, couronné par une flèche en ardoise.
L’aménagement intérieur de l’église est très sobre: on y distingue deux vitraux modernes et un grand tableau du 18 ème siècle intitulé «glorification et charité de Saint-Martin» où le saint donne la moitié de son manteau à un pauvre avant de monter aux cieux! La cuve du baptistère est posée sur quatre colonnes.
Nous chantons: «chantez, priez, célébrez le Seigneur, Dieu nous accueille, peuple du monde (…) Dieu nous accueille dans sa maison».
Le père Jean-Marie DIOUF, curé de la paroisse Saint-François d’Assise, nous accueille dans la chaleur de cette église, en ce début de l’été: «on se croirait au Sénégal», nous dit-il, en parfaite connaissance de cause!
Les lectures du jour sont parfaitement incompréhensibles : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». On n’y comprend plus rien dans la religion catholique! Notre Dieu semble être un dieu possessif qui veut tout ramener à lui!
Or ce 13ème dimanche est celui de l’amour. Trois verbes sont à retenir:
accueillir: parler à Elisée, s’ accueillir mutuellement;
aimer: son père, sa mère, ses enfants, la vie, etc.
accepter la présence de l’autre au quotidien: faire revivre ce que nous avons reçu à notre baptême: accueillir un prophète, c’est accueillir un ange. L’hospitalité nous amène à sortir de notre peur.
Il nous faut bénéficier de l’amour de Dieu, l’aimer plus que tout. Pour mieux acquérir le Christ, demandons au Saint-Esprit la force nécessaire pour mieux entrer dans l’amour de Jésus-Christ.
A la fin de la messe, nous chantons: «Christ aujourd’hui nous appelle, Christ aujourd’hui nous envoie!»
Perché sur un tableau du chemin de croix, un petit oiseau a assisté sagement à toute la célébration. Sans doute le pensionnaire permanent d’une église habituellement déserte!
Autour de l’église Saint-Martin, d’autres éléments de patrimoine attirent notre attention. D’abord la ferme comportant plusieurs tours dont un grand pigeonnier qui en dit long sur l’importance de l’exploitation au cours des siècles passés. Ensuite, les deux ponts-levis sur le canal du Nivernais, l’un en bois, dit de Thoury, bicentenaire et restauré à l’identique en 2012 et l’autre en métal, dit du Marais. Les deux sont aujourd’hui à commande électrique. Enfin, un joli calvaire est installé au centre d’un carrefour, au milieu du village.
Texte: Bernard Gournay. Photos: Marie-France et Bernard Gournay.
