Messe de l’été et bénédiction du coq en l’église Saint-Aubin de Germenay (pôle de Corbigny) le 20 septembre 2026

Les échafaudages ne permettent pas actuellement d’apprécier l’ensemble de l’église Saint-Aubin, datée des 16ème et 18ème siècles, inscrite à l’inventaire des monuments historiques par arrêté du 22 février 1927.

Une très belle gravure réalisée par Elfi Guida permet de reconstituer l’église dans toute la spendeur qu’elle retrouvera prochainement.

A l’entrée, on est surpris par la longueur de la nef. Le choeur à pans coupés est dotée de vitraux de 1947 réalisés par le maître verrier Raphaël Landeur (1890-1967). La porte d’accès au clocher avec son encadrement gothique mérite le regard, comme les nombreuses fenêtres, elles aussi gothiques. L’affluence est inhabituelle pour une « messe de l’été ». On peut penser qu’elle est dûe au fait qu’il n’y ait que deux messes en ce dimanche 20 septembre mais de nombreux paroissiens ont certainement été attirés par la rare bénédiction d’un coq avant sa mise en place sur le clocher !

La procession d’entrée s’organise derrière les deux servants de messe, avec le père Michel Guyot, prêtre auxiliaire et le père Ambroise Gning, vicaire. La « vedette » du jour est le magnifique coq en cuivre qui sera béni à la fin de la célébration, comme l’annonce le père Michel dans son mot d’accueil.

Il fait remarquer qu’en ce dimanche qui est normalement un jour de repos, la parabole de l’Evangile est consacrée au dur labeur des ouvriers vignerons et à leur rémunération !

Dans son homélie, le père Michel nous dit que Dieu n’est pas un entrepreneur comme un autre : il y a de la place pour tous et, le soir, tous toucheront le même salaire, quel que soit le temps passé au travail. Surprise, récriminations se font jour et elles paraissent légitimes. Oui mais Dieu ne s’achète pas : il ne tient pas de comptabilité. Il a autant d’égards pour les petits derniers que pour les grands premiers. Notre vie ne peut pas se passer à comparer ce que Dieu donne aux autres avec ce que nous avons de notre côté. Il nous faut faire assemblée ensemble et non pas se comparer les uns avec les autres. 

Dieu nous envoie travailler dans le monde. La vigne du Seigneur, c’est notre paroisse. Dieu a besoin de chacun de nous, avec ses compétences et ses ignorances. Nous devons travailler pour son Evangile, pour que Dieu arrive dans tous les coeurs autour de nous. Avant de s’endormir, nous devons rendre compte de ce que fut notre journée : avons-nous été de bons ouvriers pour sa moisson ?

Damien Gaulon, premier adjoint, représentant Didier Tardivon, maire de Germenay, remercie les prêtres d’avoir bien voulu procéder à la bénédiction du coq qui va, dans les prochains jours, s’élever jusqu’au sommet du clocher. Le coq accompagne de son chant le réveil du village. Il domine nos maisons et veille sur nous, il nous invite à un respect mutuel, quelles que soient nos convictions, notre appartenance religieuse, politique, culturelle, sociale. C’est un symbole de paix, de fraternité, d’espérance.

Mais, nous dit le père Michel, le coq est, pour nous chrétiens, beaucoup plus que le chef d’oeuvre artisanal que nous contemplons aujourd’hui.

Le coq est symbole d’espérance : il chante déjà, alors-même que le jour n’est pas encore levé. Il annonce le jour nouveau, alors que les chrétiens attendent le jour où le Christ reviendra.

Saint-Pierre a renié son maître trois fois avant de se reprendre après le chant du coq.

Enfin, le coq est aussi une girouette qui nous montre les vents dominants et un paratonnère qui protège le clocher, l’église et les maisons alentours : le coq veille sur nous !

Le père Michel procède alors à la bénédiction proprement dite. Il lit la prière de bénédiction puis asperge le coq d’eau bénite. Enfin, il demande à la chorale de chanter un cantique de circonstance : « Que tes oeuvres sont belles ». Puis, reprenant l’invitation de l’adjoint au maire, il annonce, en latin, la fin de la messe et l’invitation à passer un moment convivial.

Damien Gaulon transporte le coq dans la cour de la mairie où est organisé le verre de l’amitié. Le coq y restera pendant toutes les libations mais sera ensuite enfermé dans la mairie. On ne sait jamais…

Dernier regard sur le clocher qui devrait retrouver sa « liberté » très prochainement, avec la fin de la première tranche de travaux qui lui est consacré.

Texte et photos : Marie-France et Bernard Gournay.

Remerciements à Elfi Guida et André Tardivon pour l’autorisation de reproduire deux documents dont ils sont les auteurs.